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Serge Bouchard: Les images que nous sommes, 60 ans de cinéma québécois

« L’histoire a son envers, l’histoire a ses revers.  Il y aura toujours une autre façon de voir! »  C’est sur ces vers philosophiques que s’ouvre l’émission les remarquables oubliés sur là-bas radio-canada première.  Ce dimanche soir, nous avons la chance de recevoir un autre remarquable, mais non-oublié, franco: Monsieur Serge Bouchard, un anthropologue, philosophe, conférencier, animateur radiophonique, expert de la nordicité, des Amérindiens et de la franco-américanité.  Aussi un gars de trucks, et même, le confesseurs des animaux tel qu’il nous le raconte dans ses Bestiaires.

La première fois que j’ai entendu Serge Bouchard, c’est en écoutant Les chemins de travers, aussi sur là-bas. … C’était un dimanche soir d’été, à peu près à la même heure que Par quatre chemins.  Me semble que ça parlait du diable.  C’est toujours fascinant d’écouter les histoires lorsque racontés par Serge Bouchard.  Elles semblent vivre!  Il y en d’autres dont je me souviens dont une émission sur Détroit, une autre sur Geronimo.  Nos soirées du dimanche, ça se passe sur le patio avec des chandelles, un bon souper, un petit rouge, un petit joint et … Serge Bouchard à la radio.

Les remarquables oubliés, c’est l’histoire du Québec et de l’Amérique française et Amérindienne, racontée avec un autre regard, pas nécessairement celui des vainqueurs.  On connait tous un peu l’histoire de Donnaconna, kidnappé par Jacques Cartier et amené comme souvenir de voyage au roi de France et même celles de Pierre Radisson, ou Pontiac.  Mais je ne l’avais jamais entendu raconté de la même manière.  Mon livre d’histoire du Canada, première année, commençait par « avant l’arrivée des blancs vivaient ici des tribus sauvages qui se faisaient souvent la guerre ».  Évidemment, les Européens civilisés avaient certainement trouvé des façons non-guerrières de régler leurs comptes! 

Mais en plus d’un regard nouveau sur des personnages moins oubliés, c’est par cette émission que j’ai entendu parler pour la première fois de personnages vraiment plus obscurs :  Sacagawea, une Amérindienne Shoshone, enlevé toute petite par les « gros ventres », achetée puis épousée par un certain Toussaint Charbonneau (on oublie pas un nom comme ça!) guide pour l’expédition Lewis & Clark.  Serge Bouchard raconte ses voyages, et ses misères, entre autre qu’elle accouche pendant l’expédition.  J’oublie son nom, mais je me souviens aussi d’une émission à propos d’une autochtone qui traverse les rocheuses et doit passer l’hiver en montagne avec un, ou deux jeunes enfants, et qui doit tuer son cheval pour se nourrir.  Ou encore Marie-Joseph Angélique, une esclave noire qui veut s’enfuir avec son chum français.  Elle est accusée d’avoir mis le feu à la maison de son propriétaire et d’avoir causé l’incendie de Montréal.  Elle est mise à mort après un procès, disons biaisé.  Son amoureux blanc a, lui, réussi à se pousser.

Qui est Serge Bouchard?  Serge Bouchard est d’abord un anthropologue passionné par l’amérindianité.  Il a rédigé son mémoire de maîtrise, à l’université Laval, sur les chasseurs innus du Labrador.  J’imagine que la carrière de son père a influencé son choix de thèse de doctorat, à McGill, sur la culture et le mode de vie des camionneurs.  Suite à ses études, Serge Bouchard devient consultant en anthropologie appliquée, faisant de la recherche en formation interculturelle, en environnement et en justice.  Il travaille par exemple à l’institut de santé et sécurité du travail du Québec (IRSST) et est conseiller pour Giat, l’industrie française de l’armement terrestre.

Serge Bouchard est aussi conférencier et auteur d’une quinzaine de livres et d’une multitude d’articles.  Entre autres, il a publié deux tomes sur les confessions des animaux, Bestiaire I et II, et une œuvre quasi autobiographique C’était au temps des mammouths laineux. Les images que nous sommes, 60 ans de cinéma québécois est le dernier ouvrage de Serge Bouchard.  Pour citer Serge Bouchard lui-même, Les images que nous sommes « c’est l’histoire de l’éternel pigiste qui accepte un contrat curieux : visionner en quelques mois le plus grand nombre possible de films québécois tournés entre 1940 et 2000, afin de porter son regard d’anthropologue sur notre société. »  C’est un ouvrage rendu possible grace au projet Éléphant : mémoire du cinéma québécois.  Éléphant, c’est une œuvre philanthropique de Québécor qui a numérisé plus de 200 longs métrages du cinéma québécois.  Serge Bouchard a visionné une centaine de ces films et les a analysés pour en tirer ses réflexions.  Les films sont catégorisés par différent thèmes.  De l’Export A à la gauloise, pose son regard sur l’influence de la nouvelle vague française sur un cinéma québécois où il ne se reconnait pas.  Suivent d’autres catégories dont Les soutanes, L’homo bungalow, Le gros orignal, La messe de minuit, La marde et j’en passe.  C’est de cet ouvrage dont Serge Bouchard va nous entretenir ce dimanche.

Catégories: Vision Ouest Productions, Rendez-Vous du cinéma québécois et francophone Publié par Mario Beaudoin

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