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Un 25e festival d’été francophone intimiste

Par Simon Cordeau

Le festival d’été francophone de Vancouver s’est ouvert jeudi le 19 juin. Pour fêter les 25 ans du festival, les artistes Philippe Brach et Aude Ray ont joué leurs meilleurs morceaux dans une salle intimiste qui a accueilli une trentaine de personnes.

Brach
Ça commence avec des rires de démence, ça continue en parlant de deuil, d’avortement et de séparation, et ça se termine dans le noir et le soul. Philippe Brach s’est approprié la scène avec un humour parfois chaleureux, parfois cinglant. 

L’artiste avoue ouvrir son spectacle avec Dans ma tête pour déstabiliser son public. «Après, tout peut arriver. Ça ouvre l’esprit.» En effet: le rythme de danse macabre et les rires déments évoquent dans l’audience une curiosité coupable.  Elle est vite satisfaite lorsque Brach s’expose dans T’aurais pas pu nous prendre à deux, où il nous lit la lettre fictive de son grand-père en deuil: un aveu déchirant. Dans C’est tout oublié aussi, qui mélange dangereusement alcool et peine de cœur avec une mélodie poignante.

D’autres mélodies sont plus légères, comme le folk-rock de Le matin des raisons ou Ressac sur ta peau qui prend son temps, mais le propos reste profond et authentique.

À certains moments, on croit entendre quelques notes des Colocs. À d’autres, c’est le côté plus thrash de Bernard Adamus qui est évoqué. Mais avec ses yeux en transe, ses cheveux ébouriffés et sa poésie franche, la prestation du lauréat des Francouvertes 2014 est unique et bien personnelle.

Avant de terminer, Brach a une dernière confidence: il adore le soul. Mais il n’est ni noir, ni n’a-t-il de soul. Le temps d’un morceau, il demande au public d’être indulgent et imaginatif. L’artiste plonge donc la scène dans le noir, littéralement, et dans le soul, alors que la foule s’esclaffe de rire. Cette sortie de scène est suivie d’un rappel anticipée, mais elle ne vient que confirmer la théâtralité ironique du chanteur.

Une sirène
Juste avant Brach, c’est la voix pure et les mélodies simples d’Aude Ray qui ouvrent le festival. La gagnante de Pacifique en chanson 2013 nous a livré des morceaux empreints de nostalgie, qui évoquaient ses racines québécoises et quelques effluves salines venues de la mer.

Elle nous a partagé son amour de la langue française avec émotion. À quelques moments, sa voix affirmée et ses textes presque scandés rappelaient Ariane Moffatt. À d’autres, c’est une voix plus fragile et dénudée qui s’exprimait. Le jazz venait également habiter certains morceaux, comme sa version revisitée de Balade à Toronto.

La côte ouest avait aussi sa place, avec des textes qui nous laissaient admirer les montagnes de la Colombie-Britannique et la mer, où on entendait murmurer une sirène.

Catégories: Centre Culturel Francophone de Vancouver, Festival d'été de Vancouver Publié par Simon Cordeau

Commentaires

Asaliah's avatar

Wow! Merci Simon de nous prêter ta plume, tu écris merveilleusement bien et on regrette de ne pas être allé voir ce spectacle!

J’ai hâte de lire tes impressions sur le gala du samedi. grin

Maude

Publié par Asaliah. Juin 28, 2014 at 12:54 pm.

 

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